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Une organisation soutenue par un réseau de bénévoles

En dépit d’une équipe efficace en Afghanistan, l’association Nai Qala ne pourrait fonctionner sans un réseau de volontaires motivés.

Depuis 2007, l’Association Nai Qala (NQA) a construit des écoles et un centre de santé pour desservir les communautés les plus défavorisées dans les régions montagneuses reculées de l’Afghanistan. Nai Qala a changé la vie de milliers de personnes, des filles et des garçons qui ont finalement accès à l’éducation formelle et des familles qui sont parvenues à améliorer leur état de santé et leur situation économique. 

Pendant la même période, Nai Qala a également considérablement accru sa capacité opérationnelle en Afghanistan, en créant et en renforçant une équipe efficace à Kaboul, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Cependant, rien n’est acquis ; aucune des réalisations de Nai Qala ne serait possible sans le dévouement et le travail acharné des membres du conseil et des bénévoles de Nai Qala en Suisse et en Afghanistan.

Des bénévoles en Suisse et en Afghanistan

En Suisse, l’organisation est dirigée par un comité de bénévoles spécialisés dans des domaines aussi variés que l’humanitaire, la santé ou l’éducation. Nai Qala y est également soutenue par un vaste réseau de bénévoles qui apportent leur contribution sous différentes formes. Certains ont des réseaux dans les communautés locales et aident à organiser des événements de collecte de fonds, d’autres à rédiger et à communiquer, d’autres à traduire, d’autres encore à s’occuper de questions juridiques ou à gérer le site Web et la présence sur les médias sociaux.  

Au tout début de l’activité de Nai Qala, l’hébergement et le transport de la Présidente en Afghanistan étaient entièrement assurés par des bénévoles locaux. Nai Qala peut encore compter sur plusieurs volontaires à Kaboul aujourd’hui, que ce soit pour des traductions, des voyages ou, comme on l’a vu récemment, pour accueillir les invités lors de l’inauguration de l’exposition de photos à l’Université de Kaboul. Cet engagement local montre également que les Afghans sont très engagés et déterminés à participer à la création de leur propre avenir.

Tous les bénévoles et les membres du comité croient fermement en un changement profond dans les régions rurales de l’Afghanistan. Ils donnent de leur temps pendant ou après leur travail, le soir, le week-end ou pendant les vacances. Ils s’engagent pour aider à collecter des fonds et n’hésitent pas à couper les oignons ou les tomates pour préparer un repas de soutien. La façon dont ils contribuent est un exemple inspirant de la philosophie du bénévolat. Certains d’entre eux sont presque des « volontaires professionnels » et chacun d’eux est un symbole de solidarité entre les communautés en Suisse et en Afghanistan. 

Le bénévolat est utilisé comme message de motivation auprès du personnel de Nai Qala en Afghanistan – ainsi qu’auprès des communautés que Nai Qala aide, des entreprises de construction avec lesquelles Nai Qala travaille, et des partenaires gouvernementaux: « Nous, les Afghans, ne devons rien considérer comme acquis. Nous devons faire preuve de responsabilité pour le soutien que nous recevons grâce aux efforts de bénévoles qui œuvrent avec ardeur et grand cœur, et qui font tant pour nous« , rappelle régulièrement Mme Rahim, présidente du Nai Qala. L’ Association Nai Qala et ses bénéficiaires sont très reconnaissants à toutes les personnes qui consacrent leur temps, leurs compétences et leur passion à faire de l’Afghanistan rural isolé un meilleur endroit. 

Début des travaux à Anda

Une cérémonie officielle pour célébrer le début d’un nouveau projet de construction et marquer l’empreinte de Nai Qala par un symbole fort

L’inauguration officielle du début des travaux de la nouvelle école d’Anda s’est déroulée au mois de mai en présence des autorités et de la population locale, des parents, des étudiantes et étudiants. Cet événement représente bien la philosophie de notre association.

La construction d’une école est un pas important pour l’acquisition, par les jeunes filles et garçons, des connaissances nécessaires à leur avenir, mais c’est surtout une magnifique occasion de promouvoir le développement d’une région, les changements de mentalité entre femmes et hommes vers une meilleure égalité des chances, et ceci de manière durable. A travers ce nouveau projet, Nai Qala poursuit son engagement pour créer un impact progressif, mais profond qui influencera les interactions entre les femmes et les hommes.

Les filles démarrent symboliquement la construction

En proposant que le premier coup de pioche de l’école soit donné par deux jeunes étudiantes, Nai Qala tient à montrer l’importance des femmes dans la communauté. C’est un simple geste, mais qui est un symbole important pour l’engagement et le rôle des femmes dans la société afghane et leur dignité.

C’est par des actions simples lors d’événements solennels devant toute la communauté que Nai Qala poursuit ses buts d’améliorer l’image de la femme et montrer à la société que celle-ci ne pourra se développer qu’avec l’apport des femmes.

Le projet vient de débuter et il devrait se terminer en novembre avant l’arrivée de la neige.

Atelier de formation pour les enseignants du préscolaire

L’Association Nai Qala a récemment organisé un atelier pour améliorer les capacités des enseignants du préscolaire travaillant dans les villages de la région de Nai Qala.

L’Association Nai Qala a organisé dans les locaux de l’organisation à Kaboul, au début du mois d’avril, un atelier pour améliorer les capacités des enseignants du préscolaire travaillant dans les villages de la région de Nai Qala. Huit enseignants ont participé à la formation et approfondi leurs connaissances sur les objectifs du cycle préscolaire, l’importance de la pédagogie active, les droits des enfants, la durabilité, les méthodes pédagogiques efficaces, les groupes de jeu dans la communauté, le rôle et l’importance de la communication. Tous les sujets ont été activement discutés et illustrés par les expériences quotidiennes des enseignants.

L’école enfantine est un concept nouveau en Afghanistan

L’éducation préscolaire est un concept très nouveau en Afghanistan. Les gens ne savent pas ce qu’est l’école enfantine (école maternelle) et ne sont donc pas conscients de son importance pour le développement de l’enfant d’un point de vue éducatif, émotionnel et comportemental. Les enseignants ont mis l’accent sur la façon dont l’éducation préscolaire des jeunes enfants prépare le terrain pour l’éducation formelle ultérieure, mais aussi pour les enfants en tant que futurs citoyens. L’importance du jeu a été largement discutée et reconnue comme un moyen d’inculquer des changements de comportement. Le jeu à l’école enfantine donne aux enfants l’occasion de collaborer, de faire des réalisations dont ils sont fiers, d’apprendre la patience et de partager. Les enseignants ont été impressionnés par le potentiel qu’offre le jeu pour favoriser le changement. 

Le droit de l’enfant est un sujet qui a suscité un grand intérêt de la part des participants. « Les enfants ont des droits », « Les enfants doivent être respectés comme tout autre être humain  » étaient des phrases récurrentes parmi les participants. Les enseignants ont découvert comment améliorer leur comportement avec les enfants d’âge préscolaire.

Les enseignants ont fait preuve d’un grand enthousiasme pour leur travail quotidien et d’une grande motivation pour leur rôle éducatif, et ont partagé de nombreuses anecdotes. Tous ont été très heureux de participer à cet atelier. Ils ont beaucoup appris sur le développement de l’enfant et l’éducation préscolaire, mais aimeraient approfondir leurs connaissances et recevoir plus de formation en cours d’emploi à l’avenir

Impressions d’un participant

Qasem, la dernière recrue de l’organisation, a également participé à l’atelier, à la fois comme participant et comme formateur. Il partage son sentiment sur le stage :

« L’atelier préscolaire a été l’une des expériences les plus utiles que j’aie jamais eues. Bien que le séminaire ait été conçu pour améliorer les compétences des enseignants du préscolaire, j’ai aussi beaucoup appris dans cet atelier. Comme l’éducation préscolaire en est encore à ses débuts en Afghanistan, je n’ai jamais eu l’occasion d’acquérir une connaissance aussi approfondie de l’éducation préscolaire et de son rôle dans le développement des enfants. L’atelier m’a donné l’occasion de me familiariser avec le préscolaire, ses valeurs et son importance pour le développement des capacités des enfants à un âge plus avancé de leur vie.  

Cet atelier a été très agréable et enrichissant pour plusieurs raisons. D’une part, j’ai participé autant que possible à l’organisation et à la planification de l’atelier. D’autre part, c’était le premier atelier où j’ai eu l’occasion de présenter un sujet. Cette expérience m’a donné l’assurance d’avoir la capacité de m’adresser à un large public. De plus, cet atelier m’a donné confiance en moi et me motive à prendre la parole dans des grands séminaires, ou ateliers, au nom de Nai Qala.

Lors de cet atelier, j’ai découvert que les enseignants du préscolaire parlaient avec beaucoup d’intérêt et de motivation des enfants et des classes préscolaires… Et ça m’a vraiment impressionné. 

J’ai beaucoup appris de cet atelier sur l’éducation des enfants, le contenu et la philosophie de l’éducation préscolaire, les routines et j’ai écouté avec beaucoup d’intérêt les histoires que les enseignants ont partagées sur leurs classes et leurs expériences quotidiennes avec les enfants. De plus, cet atelier a été très motivant pour moi et j’ai trouvé que le personnel de Nai Qala et les enseignants sont très engagés et travaillent sans relâche pour promouvoir l’éducation des enfants dans les zones rurales, et maintenant je me sens plus que jamais engagé à travailler plus dur pour ces communautés défavorisées. »  

L’origine de Nai Qala, son nom et la vision qui l’anime

La présidente de Nai Qala, Taiba Rahim, évoque les origines du nom de l’organisation.

« Aujourd’hui, j’aimerais partager comment l’Association Nai Qala a vu le jour. Tout d’abord, que signifie Nai Qala ? 

Nai (ني) désigne la plante du bambou. Mais Nai signifie aussi flûte (l’instrument de musique). Qala signifie une ville fortifiée. Nai Qala est donc la « ville du bambou ». Les gens racontent qu’il y avait autrefois beaucoup de bambous dans cette vallée, mais il n’y en a plus aujourd’hui.

Cependant, il y a également une autre histoire sur l’origine de Nai Qala. Nai Qala est situé dans le district de Qara Bagh, dans la province de Ghazni ( au centre sud de l’Afghanistan). La dynastie Ghaznavid régna sur Ghazni de 998 à 1030 – faisant partie d’un empire qui s’étendait en Inde.  

La légende raconte qu’il y avait une prison dans la région de Nai Qala. Les voyageurs qui passaient dans cette région ont rapporté avoir entendu le son des flûtes artisanales – jouées par les prisonniers pendant les longues journées. Ainsi le nom de Nai Qala pourrait être lié à la « ville du bambou » ou à la « ville des flûtes ».

Mon père est né et a grandi dans la vallée de Nai Qala. Malgré sa riche histoire, la région est restée oubliée pendant des siècles. Quand mon père était enfant, Nai Qala n’avait ni école, ni clinique, ni route et absolument aucune infrastructure. C’était un berger humble et modeste, mais avec une grande vision. Je suis l’un de ses neuf enfants. Il était convaincu que seule l’éducation nous permettrait de nous sortir de la pauvreté et de l’isolement. 

Il a pris une décision à la fois courageuse et inhabituelle pour quelqu’un de cette région. Il a quitté Nai Qala et s’est installé dans une ville où il était possible pour ses enfants d’aller à l’école. Nous tous, les enfants, avons reçu une éducation décente. J’en suis très reconnaissante et aujourd’hui, je tiens à honorer mon père et à poursuivre sa vision. 

En 2007, j’ai créé une association dans le but de construire des écoles pour les milliers de filles et de garçons de ces régions reculées. J’ai nommé cette association Nai Qala parce que :

– Cette région rappelle certaines des grandes périodes de l’histoire afghane – Ghazni était une ville clé dans les empires de Cyrus de Perse et d’Alexandre le Grand, c’était un important centre commercial le long de la Route de la soie de la Chine vers l’Ouest ainsi que pendant la période Ghaznavid il y a mille ans. Même si notre pays traverse aujourd’hui une période de guerre difficile, nous, les Afghans, devons nous rappeler notre histoire pour nous aider à rétablir notre identité et à développer un sentiment de fierté à notre égard….

– Je souhaite rendre hommage au village qui était la maison de mon père et de ma mère qui se sont si courageusement éloignés du seul monde qu’ils connaissaient pour donner à leurs enfants un avenir meilleur. Cela a dû être un choix difficile….

– Je veux aussi me rappeler chaque jour qui je suis. Peu importe ce que je fais, où que j’aille, où que je réussisse ou que j’échoue, cela me rappelle constamment mon passé – un village désespérément pauvre où les enfants n’avaient rien à rêver ou à espérer. 

Aujourd’hui, NQA a étendu ses activités dans de nombreuses autres régions rurales, mais je resterai toujours attachée à ce village, et à d’autres comme lui. Je reste engagée envers mon pays qui, je crois, a besoin de ma contribution si nous entendons donner un espoir pour l’avenir aux enfants de l’Afghanistan. »

Taiba Rahim
Présidente
Association Nai Qala


Formation pédagogique pour 10 enseignants des écoles de Waras

La faible qualité de l’enseignement dans les zones rurales reculées du pays est une constante préoccupation pour Nai Qala qui s’est engagé, cet hiver, à soutenir à nouveau un projet de formation.

Après avoir soutenu depuis 2016 des projets de formation continue des enseignants dans les écoles construites par l’Association, Nai Qala s’est une fois encore engagée pour la qualité de l’enseignement au travers d’un nouveau projet. Ce programme, organisé en partenariat avec une ONG française, vise à améliorer les compétences en langues et en sciences fondamentales, ainsi que les aptitudes pédagogiques d’une dizaine d’enseignants des écoles de Dewan et Safed Ghaow. 

Au cours des quatre dernières décennies, l’Afghanistan a souffert d’un grave conflit ; la guerre a détruit toutes les infrastructures et paralysé le système éducatif. En même temps, il faut se rappeler qu’avant même la guerre, de nombreuses régions du pays ont longtemps été négligées par les gouvernements centraux afghans. L’investissement dans l’éducation a été limité à certains centres urbains et de nombreuses autres régions ont été oubliées. 

La mauvaise qualité de l’éducation est donc aujourd’hui un sujet de préoccupation, résultant à la fois de la guerre et de l’isolement des zones rurales qui a précédé. Les principales raisons de ce problème sont la pénurie d’enseignants professionnels, le manque de matériel pédagogique, l’environnement inapproprié des salles de classe et les menaces à la sécurité dans certaines régions. En outre, les rapports indiquent également que l’approche centrée sur l’enseignant est toujours pratiquée et que les châtiments corporels peuvent être courants dans certaines écoles.

Malgré les progrès réalisés dans le renforcement des capacités des enseignants, plus de la moitié d’entre eux ne possèdent pas les qualifications et les compétences pédagogiques requises, ce qui est considéré comme un défi majeur pour une éducation de qualité en Afghanistan. Duria, une jeune enseignante qui a suivi le cours le confirme : « Je suis diplômée de la faculté des sciences sociales, mais j’ai obtenu un poste de professeur de mathématiques à l’école de Dewan, car il n’y avait pas d’emploi en sciences sociales pour moi ».

Un partenariat avec une autre ONG

Le nouveau projet de Nai Qala a été mené en partenariat avec l’ONG française AFRANE (Amitié Franco-Afghane), qui en 2002 déjà, avait signé avec le Ministère de l’Éducation des protocoles dans le but d’organiser des formations pour le personnel enseignant dans les écoles qu’elle soutient. Chaque année pendant les mois d’hiver, AFRANE organise une formation intensive pour les professeurs du district de Waras. La formation se déroule généralement de janvier à mi-mars, lorsque les élèves n’ont pas cours en raison des conditions météorologiques extrêmes. Les enseignants sont accueillis depuis 2015 dans des locaux construits à cet effet par AFRANE, et y sont nourris et logés car l’éloignement et la neige rendent impossibles les déplacements quotidiens vers leur domicile. 

Une centaine de professeurs des écoles du district participent à cette formation hivernale durant laquelle ils sont non seulement logés en internat mais surtout formés en langues (dari, anglais), en sciences fondamentales (maths, physique) et informatique. La formation est dispensée par des formateurs qualifiés, en fonction du savoir-faire et du niveau de la centaine d’enseignants présents, et comporte cinq heures d’enseignement par jour, conformément au programme approuvé par le ministère de l’éducation et spécialement conçu pour améliorer les connaissances théoriques. Les enseignants reçoivent en outre un soutien personnalisé le soir. « Comme les enseignants participants venaient de différentes écoles du district de Waras, ce fut une excellente occasion d’échanger nos idées et d’apprendre les uns des autres « , a commenté M. Amir, lui aussi enseignant à l’école de Dewan.

10 enseignants d’écoles construites par Nai Qala en formation

Les 10 enseignants de Nai Qala du district de Waras qui ont profité de cette formation de renforcement des capacités ont été identifiés par les responsables du projet, en étroite coopération avec la direction de l’éducation provinciale. Les 10 enseignants de Dewan et Safed Ghaow, hommes et femmes, ont eu deux mois pour améliorer leurs connaissances académiques et leur compétences pédagogiques. 

La plupart des enseignants ont suivi une formation très sommaire et/ou sans rapport avec la matière qu’ils enseignent ; aussi il n’est pas étonnant qu’ils montrent des lacunes importantes dans leur propre matière. Une révision générale ne peut être que bénéfique. Duria, la jeune enseignante avec une formation en sciences sociales, conclut après 2 mois de formation : « Maintenant, je suis très fière et motivée d’améliorer mes connaissances et de continuer mon travail de professeur de mathématiques »

L’obtention d’une éducation de qualité est le fondement du développement durable, c’est pourquoi l’augmentation du nombre d’enseignants qualifiés reste l’une des priorités des objectifs du développement durable et du ministère de l’éducation. Grâce à ce programme plus de 750 élèves des écoles de Dewan et Safed Ghaow bénéficieront de meilleures conditions d’apprentissage.

Les effets insoupçonnés du programme d’éducation de la petite enfance

Les cours d’éducation de la petite enfance représentent beaucoup plus que les premières étapes de l’apprentissage de la lecture, de l’écriture ou du calcul.

En 2017, Nai Qala ouvrait deux classes pilote d’éducation de la petite enfance pour des enfants de 4 à 6 ans. Le grand succès du projet a incité l’organisation à étendre le projet à 7 autres villages en 2018. Les cours préparent non seulement le terrain pour l’apprentissage du calcul, de la lecture et de l’écriture, mais offrent aussi des possibilités de développer la créativité, de s’amuser, de socialiser et d’apprendre des valeurs éthiques et comportementales. 

« Mon petit doigt m’a dit que » … ou l’impact du programme d’école maternelle de Nai Qala dans 9 villages de la province de Ghazni.

Après seulement quelques mois d’activité, des changements de comportement et d’attitude peuvent être observés chez les enfants fréquentant la classe et leurs familles. Ce blogue vous offre un petit florilège de changements concrets qui ont été suscités par le programme d’éducation de la petite enfance, des petits changements qui ont déjà un impact dans la vie des bénéficiaires. Ces courtes histoires sont énumérées sans ordre d’importance, car chaque changement a une signification et une valeur différentes. Chaque exemple est réel, mais notre politique de confidentialité nous empêche de compromettre le nom de nos sources et de nos bénéficiaires. C’est pourquoi mon petit doigt m’a dit…

  • Mon petit doigt m’a dit que les garçons et les filles ont beaucoup de plaisir à jouer ensemble. Les activités de jeux ouvrent la voie à une plus grande équité entre les genres.
  • Mon petit doigt m’a dit que les enfants apprennent la solidarité. Plusieurs enfants ont été vus en train de réconforter l’un d’eux sur le chemin de l’école et portant le sac de celui qui s’était égratigné le genou. S’entraider est l’une des nombreuses valeurs éthiques transmises dans le cadre du programme d’éducation à la petite enfance.
  • Mon petit doigt m’a dit que les mamans sont surprises de voir que leurs enfants font moins de sottises quand ils sont à la maison. Nous avons aussi entendu dire que certains jeunes garçons se comportent beaucoup mieux avec leur mère depuis qu’ils ont commencé à participer aux cours . Le respect et la tolérance sont des compétences sociales fondamentales que les enfants acquièrent à l’école.
  • Mon petit doigt m’a dit que les parents sont heureux de voir que leurs enfants mangent proprement à la maison et finissent leur assiette sans se plaindre. 
  • Mon petit doigt m’a dit que les petits garçons qui jouent à la dinette à l’école sont motivés pour aider à faire la cuisine maison. Certains frères et sœurs plus âgés sont étonnés de voir le petit frère aider la mère à ranger la table et à faire la vaisselle. Le programme permet aux enfants de résoudre les problèmes de base qu’ils rencontrent tous les jours.
  • Mon petit doigt m’a dit que les chaussures de la famille et des invités posées devant la porte d’entrée ne disparaissent plus mais sont fièrement alignées. 
  • Mon petit doigt m’a dit que les pères sont convaincus par le programme d’éducation de la petite enfance et qu’ils s’engagent à 100 %. Ils apportent du bois pour chauffer la classe.
  • Mon petit doigt m’a dit que les Lego et les jouets de construction ont beaucoup de succès. Il s’agit d’un nouveau type de jouets pour les enfants des zones rurales éloignées et d’un moyen idéal de développer leur créativité et leur imagination. Les jeux d’imitation (dînette, marchande, médecin) sont également très populaires chez les enfants. Les enfants qui participent aux cours profitent d’une atmosphère amicale et agréable où ils peuvent jouer en toute sécurité et faire de nouvelles expériences.
  • Mon petit doigt m’a dit que les enfants font le lien entre ce qu’ils apprennent à l’école sur l’environnement et ce qu’ils appliquent à l’extérieur. Le programme pour la petite enfance vise à sensibiliser les enfants à leur propre personne, aux autres, aux objets qui les entourent, à la société et à la nature.
  • Mon petit doigt m’a dit que les enseignants sont tous surpris de voir les progrès de leurs jeunes élèves au quotidien. La participation aux cours d’éducation de la petite enfance renforce les capacités d’écoute, d’expression orale, de lecture, d’écriture et de calcul, en fonction des capacités de chaque enfant.
  • Mon petit doigt m’a dit que les parents ont l’esprit tranquille quand leurs enfants sont en classe et peuvent se consacrer pleinement à leur travail pendant ce temps.
  • Mon petit doigt m’a dit que les enfants ne font pas l’idiot quand ils sont en classe. Ils se comportent aussi bien que des images.
  • Mon petit doigt m’a dit que l’école a créé de nouvelles amitiés entre les enfants dont les familles ne se parlent plus… et que, par conséquent, le dialogue reprend entre adultes.

Formuler des politiques pour appuyer une organisation forte

L’équipe de Kaboul a élaboré et peaufiné une douzaine de politiques au cours des derniers mois.

Les politiques sont généralement des principes, des règles et des lignes directrices qu’une organisation formule et/ou adopte pour atteindre ses objectifs à long terme. Les politiques, ainsi que leurs procédures inhérentes, sont conçues pour influencer et déterminer toutes les décisions et les actions importantes, ainsi que toutes les activités qui se déroulent dans le cadre des limites qu’elles établissent. 

Une politique comme guide d’action 

Les politiques décrivent généralement les règles, elles fournissent des principes qui guident les actions, définissent les rôles et les responsabilités, reflètent les valeurs et les croyances et énoncent l’intention d’une organisation de faire quelque chose. Au cours des derniers mois, les employés de Nai Qala ont travaillé sur une douzaine de politiques qui les soutiendront dans leur vie professionnelle quotidienne et qui guideront leurs actions dans la voie du développement d’une organisation durable. 

Les politiques de Nai Qala couvrent divers domaines tels que le harcèlement, l’image éthique, la collecte de fonds, le genre, la confidentialité, les achats, les ressources humaines, la finance, les médias sociaux, les conflits d’intérêts, la communication, etc. 

Travailler à l’élaboration de telles politiques a permis aux employés de se les approprier pleinement et de renforcer leur esprit d’équipe. Surtout, ces nouvelles politiques rendront l’administration plus facile et plus claire et permettront aux employés de Nai Qala de poursuivre les activités centrales de l’organisation de façon plus efficace et efficiente.

Faciliter, promouvoir et faire la démonstration des droits de l’homme

Nai Qala contribue à l’amélioration de la situation des droits humains en Afghanistan

La capacité de l’État afghan à fournir des services essentiels comme l’éducation et les soins de santé et à respecter, protéger et réaliser les droits humains a ses limites. Les zones rurales isolées ont été traditionnellement négligées par les administrations centrales successives de Kaboul et aujourd’hui, ces communautés isolées ressentent particulièrement l’absence d’une réponse forte de l’État. L’absence d’infrastructures et d’institutions de base, telles que les écoles et les dispensaires, compromet la capacité de l’État à assurer un bon niveau de santé et d’éducation. Les écoles et les cliniques, là où elles existent, sont difficiles d’accès pour la plupart des gens. Le personnel de ces institutions est souvent peu formé et peu motivé. Peu d’employés formés acceptent de travailler dans des régions éloignées où les conditions de vie peuvent être difficiles. Il n’est pas surprenant que de nombreuses personnes aient quitté le pays pour tenter d’améliorer leurs conditions de vie ailleurs, et cet exode rural constant aggrave la situation pour ceux qui restent, car il affaiblit le tissu social de ces communautés.

Les femmes et les filles sont toujours privées de leurs droits fondamentaux, confrontées à de multiples restrictions et discriminations, à des abus et à diverses formes de violence, tandis que les efforts visant à améliorer la condition de la femme se heurtent à une opposition constante. Les rôles des femmes et leur potentiel en tant que contributrices au développement social et économique sont encore insuffisamment pris en compte.

 Droit à l’éducation

L’éducation est un droit de l’homme, inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. Chaque fille et chaque garçon devrait avoir droit à une éducation de qualité afin d’avoir plus de chances dans la vie, y compris des débouchés professionnels, une meilleure santé et également de participer au processus politique. Une éducation de base est également importante pour garantir que tous les individus soient conscients de leurs droits.

En Afghanistan, 28 % des enfants d’âge scolaire ne sont pas scolarisés et seulement 18 % des filles de 15 ans et plus sont lettrées. Notre travail sur les causes profondes de la faible fréquentation ou de l’absence de fréquentation scolaire des enfants, en particulier des filles, permet de remédier à l’absence de conditions d’apprentissage décentes telles que l’absence de bâtiments scolaires adéquats, la faible qualification des enseignants, l’absence d’installations sanitaires (surtout pour les filles menstruées), l’absence de mur de séparation, tout en empêchant en même temps les enfants d’abandonner l’école, en menant des entretiens de motivation avec leurs parents et la communauté, en proposant des cours pré-primaire, en réduisant la distance qui les sépare des écoles dans les régions rurales reculées.

Droit à la santé

De même que pour l’éducation, la santé est un droit de l’homme inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, dans la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, ainsi que dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Le droit de tout individu à la santé signifie que chacun a droit au meilleur niveau de santé physique et mentale possible, ce qui inclut l’accès à tous les services médicaux, aux installations sanitaires, à une alimentation suffisante, à un logement décent, à des conditions de travail salubres, et a un environnement propre.

Alors qu’en Afghanistan, 91 enfants sur 1000 meurent avant leur cinquième anniversaire, nous nous efforçons d’améliorer les conditions sanitaires en installant un centre de santé (dispensaire) qui améliore la santé des femmes et des enfants, et la couverture vaccinale et fournit les soins de base à une population de plus de 20’000 habitant-e-s. Les enseignants de Nai Qala ont reçu une formation sur les principes d’hygiène de base ; ils transmettent le message à leurs élèves et les jeunes qui participent aux cours d’éducation préscolaire apprennent pourquoi et comment se laver les mains. Plusieurs initiatives de jardinage sont encouragées pour améliorer l’état nutritionnel de toute la famille.

Donner aux gens les moyens d’exercer leurs droits

Si l’objectif principal de nos enseignants est d’enseigner aux enfants, nous voulons aussi saisir l’occasion d’aider les communautés à comprendre le concept des droits humains, ou pourquoi il est important de remettre en question les conceptions anciennes et encourager la formation des filles. Nous voulons que nos enseignants abordent des questions telles que l’éducation, la santé et l’égalité avec les anciens du village et d’autres personnes. Il faut du temps pour que les gens acceptent de nouvelles idées, mais ils ont montré un intérêt surprenant jusqu’à présent.

L’égalité des sexes, consacrée par l’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme, est au cœur des activités de Nai Qala. La vision de Nai Qala est  » Une société éduquée, en bonne santé et bien équilibrée dans laquelle les femmes et les hommes mènent les changements sociaux, culturels et économiques d’une manière inclusive qui permet à leurs enfants – garçons et filles – de s’épanouir « . Notre chemin pour réaliser notre vision est inclusif, en convaincant patiemment les aînés, les pères, les hommes. Notre objectif est d’induire de petits changements dans la société en développant les capacités, les opportunités et les ressources des communautés locales afin que les hommes, les femmes, les garçons et les filles puissent participer sur un pied d’égalité à la vie et aux décisions familiales et élargir leurs domaines d’opportunités. Nous encourageons la participation des femmes dans la société, au même titre que les hommes, dans la prise de décisions sur les questions qui les concernent, comme l’éducation de leurs enfants, la santé de tous les membres de la famille et le revenu économique familial, ainsi que la participation de la communauté entière aux décisions collectives telles que la construction, l’utilisation et la gestion des écoles locales ou du dispensaire.

Les droits de l’homme sont interdépendants, indivisibles et intimement liés. Cela signifie que la violation du droit à la santé peut entraver l’exercice d’autres droits de l’homme, tels que le droit à l’éducation ou le droit au travail, et vice versa. Sans éducation, il est moins probable de trouver un emploi bien rémunéré et un logement décent, de participer au processus démocratique ou de reconnaître la valeur de l’éducation pour les générations futures. Selon la Banque mondiale, il est prouvé que les citoyens instruits se soucient davantage de l’environnement, sont plus tolérants envers ceux qui sont différents et sont plus enclins à lutter pour l’égalité des sexes. Grâce à ses initiatives éducatives et à ses actions axées sur la santé, toutes soutenues par une approche inclusive, Nai Qala s’efforce de réduire les inégalités et de promouvoir les droits de l’homme.

Vernissage de l’exposition de photo de Nai Qala

C’est dans une salle de l’ACKU pleine à craquer que s’est déroulée la cérémonie d’ouverture de l’exposition de photo de Nai Qala.

Le 14 novembre, plus de 300 personnes se sont rassemblées dans une salle comble du Centre afghan de l’Université de Kaboul (ACKU) pour assister à la cérémonie d’ouverture de l’exposition de photos sur le pouvoir de l’éducation dans les régions rurales isolées d’Afghanistan. Le directeur de l’ACKU, M. Abdul Wahid Wafa, Mme Fiona Gall d’ACBAR et Taiba Rahim, présidente de l’Association Nai Qala ont prononcé des discours sur l’importance de l’éducation tandis que Haris Coussidis, photographe et auteur des plus de 50 photos affichées sur les murs du Centre, a partagé sa vision du projet moyennant un message enregistré. M. Wafa a résumé l’esprit de l’événement en déclarant que  « l’exposition traite de l’espoir de la nouvelle génération d’Afghanistan et de la vie simple des habitants des régions centrales du pays avec une perspective très positive pour le futur des enfants« .

Un discours inspirant et pourvoyeur d’espoir

Dans la salle de l’ACKU, on pouvait voir plusieurs jeunes femmes portant un foulard rouge, anciennes élèves de l’école Nai Qala qui, ce jour-là, jouaient fièrement le rôle d’hôtesses. Shegufa, qui avait été élève dans le village de Nai Qala et qui étudiait en plein air jusqu’à ce qu’une école y soit construite, a revêtu le rôle de modératrice et incarné le message de l’Association, qui est l’espoir et la responsabilisation des filles. Shegufa, pour sa part, a témoigné de l’exemple inspirant donné par la présidente de Nai Qala qui « montre par ses actions que les femmes peuvent être égales aux hommes dans la communauté« . Shegufa, a souligné que « la présidente a ému l’auditoire et donné de l’espoir du fait que les activités dans ces régions éloignées sont sans précédent« .

Le discours de la présidente de Nai Qala a marqué de son empreinte de nombreux participants qui ont assisté à la cérémonie, comme Nadia :  » Mme Rahim est vraiment une inspiration pour tous les jeunes Afghans. Son discours a mis l’accent sur la responsabilisation, l’unité, l’espoir et l’engagement, la solidarité pour réussir, et ne jamais perdre espoir et toujours être optimiste quant à l’avenir. Poursuivre sa vision est une façon de renforcer et de respecter les droits humains fondamentaux dans notre pays et de donner une image différente de l’Afghanistan. Je suis heureuse d’avoir été l’une des participantes au vernissage de cette exposition enrichissante et vraiment stimulante. » Un jeune homme qui s’est exprimé devant le public a déclaré avec émotion : « J‘ai perdu mon père l’année dernière, je pensais que le monde était fini… aujourd’hui, je sens que c’est un nouveau jour avec une lueur d’espoir« .

La majorité de l’auditoire était composée de jeunes universitaires qui sont partis de la cérémonie inspirés par les discussions et motivés par un espoir renouvelé pour leur pays.

L’exposition « Espoir, dignité et engagement : Le pouvoir de l’éducation », 52 photos de Haris Coussidis pour l’association Nai Qala sur le rôle de la reconstruction et de l’éducation dans des districts reculés de la province de Bamyan, est à voir à l’ACKU, à Kaboul, jusqu’au 31 décembre.

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Expo photo à Kaboul

Nai Qala s’expose à Kaboul du 14 au 30 novembre 2018.

L’Association Nai Qala est fière et reconnaissante de pouvoir présenter une exposition de photographies en partenariat avec le Centre Afghanistan de l’Université de Kaboul (ACKU), à Kaboul, la capitale de l’Afghanistan. A travers cet événement, Nai Qala présentera le travail de l’association dans les zones rurales d’Afghanistan et aura notamment l’occasion de sensibiliser la capitale aux défis et aux espoirs des communautés rurales.

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